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Consultation

Lettre 1308·XVII, folios : 166
Bellièvre, Jean de, seigneur d’Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné
M. de Gordes
Lettre non liée
Date non renseignée
Grenoble
Montilliers
,

Transcription

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Monseigneur, vous me pardonrés sil vous plaict si jay trop tardé de vous
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envoyer les minutes de votre testament et de celuy de madame de Gordes. Il y a
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un peu de la paresse et aussi il les a fallu mectre au nest pour monstrer
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à monsieur de Brie en conferent et les luy paisser. IL a semblé audit sieur
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de mesme que je vous avoye dict quil y porroyent escheoir des inconvenients
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à fère les deux testaments ensemble dune mesme tissure ou encors mesme
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papier et quil sera plus seur et à propoz les separer.
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Quant aux substitutions à lheritier universel ou de celuy que en tiendra le lieu,
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il les a couchées et estime que quant vous y aurés pensé, vous ne voudrés
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appeler vous segondz filz a seulement au cas que laisné venu à deceder
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sans enfant masles, mais aussi au cas que après lesdits enfans masles vensent
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à deceder sans enfans masles. Cela depend de voz voluntés, les quelles
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si elles ne seront telles, il sera aysé de retrancher lextension desdites substitutions.
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Quant aux substitutions à voz aultres enfans pour le regard de ce que leur est laissé
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perdront dinstitution particulière, il ma semblé que pour votredit regard, monseigneur,
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il nest besoing de celle succession à la palce lun de laultre, si tant est que
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vous ne leur laissés que sommes de deniers ; et ay usé de ladite forme de
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succession au testament de madite dame à cause quelle leur laisse des places
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mellieures selon la prerogative de leage.
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Sil vous plaira pour honorer messieurs voz frères, vous porriés adjouster
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après toutes les substitutions de vous enfans une semblable clause :
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« Et au default de tous mesdits enfans et au dernier d’iceuxl, je [barré : veux] substitue
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et veux que mes biens et heredité soyent restitués à mes très chers frères et
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les leurs selon et à la forme quilz [barré : y] sont appellés par les testaments et dispositions
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de dernière volunté de noz predecesseurs et specialement par celuy de mon
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très honoré seigneur et père ».
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Par ce moyen, il ne sera jamais rien evincé daucuns qui soyt descendu de vous
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et si vous gratifierés encores en quelque chose messieurs vous frères [barré : en]
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à scavoir en ce que si le cas advenoyt de la substitution par voz apposée à leur proffit
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oultre ce que lon seroyt tenu de leur restituer en partie des testaments de messieurs vos
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predecesseurs, ilz auroyent encor voz acquetz ; et il me semble que vous incliniés
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la.
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Je ne veux ommettre à vous dire, monseigneur, quil semble audit sieur de Brie pour quelque
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consyderation et que luy et moy reservons à vous dire un jour comme il ne sera que à propoz
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que madite dame laisse à son heritier universel la place de La Terrasse au contraire de
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quelque il inclination que vous sembliés avoir de votre part.
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Jadiousteray à la presente que mondit sieur de Brie ma faict veoir en cecy comme volontiers
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il semploye en ce que vous concerne.
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Monseigneur, je me recommande très humblement à votre bone grace et supplie le Createur quil vous
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done en parfaicte santé très longue et très heureuse vie. De Grenoble, ce Xe jour de
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novembre 1571.
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Votre très humble et très affectionné serviteur
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Bellievre